Le Château

Ville de Heillecourt
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sur les traces de l’architecte du roi stanislas

Au travers des âges

Le Château du Bas de Heillecourt, également appelé le Château de Ludres. 

Le dernier seigneur de Heillecourt fut Richard Mique, né à Nancy en 1728, ingénieur des Ponts et Chaussées des Duchés de Lorraine et de Bar.

Le dernier seigneur de Heillecourt fut Richard Mique, né à Nancy le 18 septembre 1728, ingénieur des Ponts et Chaussées des Duchés de Lorraine et de Bar.

Il descend, par son père, d’une longue lignée alsacienne, celle des Mieg, dont le nom Mique est une déformation. Depuis de nombreuses années, ses ancêtres sont installés en Lorraine, à Pont-à-Mousson, à Metz ou à Nancy.

A Nancy, il devint architecte de Stanislas, il travailla entre autres à la construction du palais du gouvernement ainsi que de la place de la Carrière et il fit les plans de plusieurs casernes de Nancy, des portes Stanislas, et Sainte-Catherine.

C’est en tant qu’ancien Premier architecte du roi Stanislas Leszczynski, duc de Lorraine et père de Marie Leszczynska, que Richard Mique est amené à travailler à Versailles.

La reine le fait venir à son service à la mort de Stanislas, en 1766. Elle lui confie la réalisation d’un couvent pour jeunes filles à Versailles (actuel Lycée Hoche). L’architecte y érige en son centre une splendide chapelle néo-classique, témoin de l’engouement pour l’architecture de Palladio.

A la mort de la reine, il est appelé au service de Marie-Antoinette qui lui confie l’aménagement de son jardin anglais pour Trianon, ainsi que les décors de ses appartements à Versailles, au petit Trianon, à Fontainebleau et à Saint Cloud.

C’est grâce au journal de Nicolas-Luton Durival (1713-1795), qui résida non loin de cette habitation, que des révélations historiques sont rédigées sur son ami Richard Mique.

En 1773, alors que sa famille l’avait rejoint à Versailles, Richard Mique se rend acquéreur de la seigneurie de Heillecourt, située à proximité du château de La Malgrange.

Il fut propriétaire du Château (au 25 Grande Rue) dont il ne reste qu’une aile, après avoir été brûlé à trois reprises dont la dernière lors de la Révolution.

C’est un très ancien domaine composé d’un château et de bâtiments annexes, communs, fermes, église, entourés de vignes, près, terres labourées, domaine appartenant jadis aux ducs de Guise, puis donné en 1591 par Charles III, duc de Lorraine, à l’un de ses secrétaires d’État, Michel Bouvet.

Au XVIIIème siècle, le domaine passera successivement entre les mains de Madame de Sombreuil, du comte de Richemont, puis de Baligand, successeur de Mique dans les fonctions d’Ingénieur des Ponts et Chaussées de Lorraine.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château est occupé par l’armée allemande, qui l’utilise comme quartier général pour la campagne militaire.

L’affaire Mique

(Muriel de Raïssac : Richard MIQUE Ed Honoré Champion Paris 2014 ; Alferd Hachette : L’affaire Mique  ed Perrin et Cie 1928)

La réussite et le succès ne sont pas sans mettre Mique en butte aux envieux et aux jaloux. Cet homme dont l’ascension a été trop rapide pour que l’on l’accepte sans aigreur va être confronté à un coup de tonnerre. Il s’agit d’une affaire invraisemblable, digne des plus beaux romans qui va durer plus de 20 ans.

Pendant l’été 1773, Mique apprend qu’un homme tailleur de pierres, employé aux travaux de l’Hôtel de l’Intendance de Soissons s’en remet à lui pour payer ses dettes, car dit-il, « je suis son frère » !

Richard Mique n’a plus de frères vivants. Son demi-frère Claude-Nicolas est mort dans un combat naval le 20 juillet 1745. Pour Mique, l’histoire ne fait pas l’ombre d’un doute ; ce dénommé Mougenot qui près de trente ans après la mort de Claude-Nicolas se prétend être son frère est tout simplement un imposteur qui cherche à obtenir de l’argent ou une part d’héritage. 

Tout le monde se passionne pour l’affaire et voit là, une lutte du peuple opprimé contre les grands. Malgré les jugements rendus en faveur de Mique, l’usurpateur ne cesse de revendiquer son identité.  

Suite à l’affichage de placard séditieux dans les jardins des tuileries, Mougenot est de nouveau arrêté avec toute sa famille  le 3 août 1782. C’est là malheureusement un épisode qui servira les ennemis de Richard Mique, car quelques années plus tard (1790) Catherine Mougenot osera prétendre que c’est l’esprit républicain de son père qui l’a fait « persécuter » par Richard Mique. En ces temps troublés, de telles accusations tournent vite en affaire politique… Catherine Mougenot reprend les revendications de son père et obtient raisons devant les tribunaux en 1792.

Sous la Terreur, à  Paris en 1794. Mique est arrêté avec son fils, comme prévenus de conspiration pour sauver la reine, et tous deux sont traduits devant le Tribunal révolutionnaire. Ils sont condamnés à mort le 7 juillet 1794, guillotinés le surlendemain sur la place du Trône-Renversé (maintenant place de la Nation) puis enterrés au cimetière de Picpus.

Et plus récemment

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château a été occupé par l’armée allemande, qui l’a utilisé comme quartier général pour leur campagne militaire. Il est aujourd’hui un élément important du patrimoine de la ville.