Nicolas-Luton Durival
Un historien influent du 17ème siècle
Sur les armes (ou armories) de la commune, le chardon à trois feuille terrassé de sinople (vert en couleur héraldique) est le blason de la famille Durival qui résida à Heillecourt.
Nicolas Durival 1713 – 1795
Né à Commercy en 1713, il est le fils de Jacques Luton, un ancien valet de garde-robe du duc Léopold. Nicolas Durival a fait toute sa carrière dans l’administration : après avoir passé quelques années dans les bureaux de l’intendance lorraine, il est devenu un greffier de confiance du conseil d’Etat du duc de Lorraine, Stanislas Leszczynski. Il est finalement devenu lieutenant général de police à Nancy en 1760, et son implication ainsi que sa bienveillance dans les affaires locales ont fait de lui un personnage apprécié. Collaborateur de l’Encyclopédie avec son frère, Durival a également exercé dans le même temps des activités d’historien et de statisticien.
Extrait du journal de Nicolas Durival juillet 1764
- 01 Juillet 1764 Le roi de Pologne arrive à la Malgrange.
- 02 Juillet 1764 Le lendemain j’ai l’honneur de le voir et il m’ordonne de me trouver le 3 sur le terrain des casernes.
- 03 Juillet 1764 Sa Majesté Polonaise vient en effet voir l’État où se trouvent les casernes à 3 heures et demi de l’ après midi. Il examine les plans et les compare avec ce qui est fait. L’assise de roche qui doit sortir de terre était déjà posée, le long du principal corps. Sa Majesté va ensuite voir la porte Saint-Stanislas, où son médaillon est posé depuis quelques jours. Hier je reçus un ordre sur lequel le trésorier de l’hôtel de ville touchera les 20000 #. de France que Sa Majesté à ajouté aux 30 mille qu’Elle avait déjà donné pour les casernes.
- 04 Juillet 1764 Mort de Marie-Françoise Marieux, veuve de feu Nicolas Breton, vivant conseiller pour la noblesse en l’hôtel de ville de Nancy.
- 05 Juillet 1764 Le roi de Pologne part pour Commercy à 9 heures du matin et va dîner à Toul chez l’évêque.
- 06 Juillet 1764 Assemblée à l’hôtel de ville où étaient Messieurs Du Rouvrois, de Riocourt, de Marcol, Thibault, Mengin et Durival, pour distribuer ce qui était en caisse de la fondation du Roi, pour les maladies épidémiques, grêle, incendies, etc. On a distribué en rétrogradant les années 1763, 1762, 1761. Après demain on continuera.
Au service de La Galaizière et du roi Stanislas, Nicolas Durival commence sa carrière comme secrétaire au service du chancelier français Chaumont de La Galaizière dès l’arrivée de celui-ci en Lorraine en 1737. Il reste par la suite proche de la famille du chancelier et de son fils l’intendant de Lorraine, dont il suit avec intérêt les déplacements.
En 1751, il devient greffier en chef du Conseil d’Etat et des Finances du roi de Pologne, ce qui l’introduit dans l’entourage de Stanislas. Il cumule dès lors cette fonction avec d’autres charges : économe séquestre des bénéfices de Lorraine et Barrois (1754-1760 ; chargé d’administrer les biens ecclésiastiques qui n’ont pas d’attributaire), subdélégué de l’intendance de Lorraine (substitut de La Galaizière).
En 1760, il résigne ces charges au profit de la lieutenance générale de police de la ville de Nancy, cet office lui prenant tout son temps. L’achat en est très coûteux : 12 500 livres de Lorraine, auxquels s’ajoutent 450 livres, 9 sous et 6 deniers de frais divers. Cette fonction va bien au-delà du maintien de l’ordre.
Il intervient tout autant dans l’urbanisme municipal : adduction d’eau, pavage et éclairage des rues, travaux, transfert des cimetières hors de la ville…, que dans les fondations charitables – notamment pour les filles repenties -, dans les approvisionnements, l’ordonnancement des nombreuses processions et cérémonies, et tout ce qui, en règle générale, concourt à la paix civile.
À ce titre, il participe tout à fait régulièrement aux réunions du conseil municipal et a de nombreuses relations tant avec la Cour souveraine qu’avec celle, plus mondaine, de Lunéville. Il tient aussi des statistiques précises des naissances, mariages et décès de la ville.
C’est en 1769 qu’il demande à être relevé de ses fonctions ; il semblerait que l’administration française lui paraisse à ce moment intenable, à moins que l’âge et la fatigue ne commencent à se faire sentir. L’intendance lui octroie alors une pension de 1 000 livres, des “lettres de vétérance” et le titre de lieutenant de police honoraire, de sorte qu’il exerce encore à titre de conseil dans les années suivantes.
Le Mémoire sur la Lorraine et le Barrois
Selon les historiens, s’appuyant sur les échanges entre Durival et Dom Calmet, Nicolas Durival considère, en bon administrateur de son temps, qu’il est impossible de gouverner sans la statistique, la géographie, et la connaissance de l’histoire de sa province.
C’est pourquoi il fait publier à titre anonyme dès 1748 une Table alphabétique des villes, bourgs etc. de la Lorraine et du Barrois (182 p.), qui connaît deux rééditions et enrichissements en 1749 et 1766.
Les pages sont divisées en deux colonnes : le toponyme et la juridiction dont la localité relève. Les mises à jour tiennent compte de l’actualisation des limites des bailliages.
Son Mémoire sur la Lorraine et le Barrois, de plus grande ampleur (604 p.), paraît en 1753 chez Henri Thomas à Nancy.
Il est aussitôt salué par le Journal de Trévoux, et le géographe Expilly entame avec Durival des échanges épistolaires visant à mieux intégrer la géographie et l’histoire de la Lorraine à celles de la France.
Il se divise en trois parties :
– une introduction générale sur la géographie, les habitants, les monnaies, les divisions administratives, les rivières et ruisseaux…
– une étude de chaque ville, quartier et principaux monuments, divisée par bailliage,
– une table alphabétique actualisée comprenant des renseignements historiques et archéologiques.